Sino-French Architectural Communication Society

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TABLE RONDE C DU 6e COLLOQUE DE SFACS——RÉHABILITATION ET RESTAURATION DE QUARTIE

Date:2018-12-24Clics:275


TABLE RONDE C DU 6
e COLLOQUE DE SFACS
——RÉHABILITATION ET RESTAURATION DE QUARTIERS HISTORIQUES CONSTRUITS EN BOIS


Modérateur:

Jingjing YAO

Urbaniste en chef de l’IFADUR

Invités:

Jelena STAMENKOVIC

Directrice de mission à la SCET, architecte et urbaniste

Marie SCHWEITZER

Présidente de l'Atelier Schweitzer, professeur de l'Ecole d'architecture Paris-Val-de-Seine, membre du Corps des Architectes Conseils de l'Etat

Nicolas CHEVAL

Ingénieur structure INSA, architecte DPLG, expert du comité Scientifique ISCARSAH, président associé de l’Agence équilibre structures

Jianguo WANG

Académicien, Académie d'Ingénierie de Chine

Yi ZHOU

Professeur, Département d’Architecture de l’Université de Sud-est

Yuli WEI

Professeur, Département d’Architecture de l’Université Indutrielle de Nanjing


Modérateur

Chères autorités, chers amis, ce matin nous avons entendu des experts français. Cet après-midi, nous allons nous focaliser sur la restauration de vieux bâtiments. Après une présentation de chacun des experts, je donne la parole à M. Zhou Yi.


Yi ZHOU

C’est un grand plaisir pour moi de pouvoir participer à cette table ronde et vous retrouver avec mes vieux amis et les autorités de Nanjing. J’ai reçu l’invitation il y a un mois, où l’on m’a dit que l’on discutera sur ce sujet-là, et je me suis longtemps demandé de quel sujet j’allais parler. J’ai décidé qu’au cours des deux dernières années, il y a eu des processus d’urbanisation à Nanjing, et dans ce processus-là, nous avons eu beaucoup de nouvelles politiques, de nouvelles programmations au niveau municipal, et au niveau des experts architectes et urbanistes à Nanjing. Je vais partager tout cela au nom du bureau de la planification urbaine et des architectes de Nanjing. Ce matin, j’ai également discuté avec les experts français, et je suis convaincu que cela va vous intéresser. Je sais qu’hier vous avez fait des visites dans Nanjing, et j’espère qu’à la suite de mon discours et mes cas pratiques, je vais obtenir vos recommandations et vos opinions. J’espère savoir s’il y a des décalages entre les pratiques chinoises, de l’UNESCO, et les françaises. Ce matin j’ai entendu les discours de nos experts français en termes d’urbanisation, d’aménagement urbain et de planification. Je pense qu’ils font un très beau travail. On m’a également dit que tous ces discours sont une sources d’inspiration pour nous, chinois. Je pense que ce genre de discussion avec vous est un objectif aussi. Et comme vous experts français, vous nous présentez des projets, j’espère que nous pourrions aussi vous donner quelques suggestions, pour que cela devienne un échange. Tout d’abord une carte de la ville de Nanjing, du vieux quartier de Nanjing. Cette ville a une histoire de plus de 600 ans. L’urbaniste en chef de la délégation de Nanjing a également présenté cette carte ce matin. Donc cette ville a été habitée depuis plus de 600 ans.

Carte des vieux quartiers de la ville de Nanjing


Jelena STAMENKOVIC

Merci pour votre invitation. Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet sur lequel on travaille beaucoup en France : comment valoriser le foncier en centre-ville ancien et dense ? Quels sont les outils et les montages opérationnels auxquels recourent les collectivités en France ? Je vais vous présenter des projets qui sont à une échelle et dans une temporalité différente. C’est pour amorcer notre discussion et ouvrir le débat. Permettez-moi de vous présenter rapidement la SCET, la société dans laquelle je travaille. C’est lesigle de Service Conseil Expertise et Territoire. Nous avons été créés en 1955, à l’initiative de la Caisse des Dépots et Consignations, pour reconstruire la ville, et notamment résoudre le manque de logements et gérer les grands projets d’aménagement urbain. Nous sommes une société de conseil et d’ingénierie. Nous faisons aussi du conseil auprès de nos clients pour la construction de bâtiments, donc de l’architecture, et de la réhabilitation. Permettez-moi de citer un projet sur lequel nous travaillons en ce moment. C’était un accord qui a été signé entre la République Populaire de Chine, la ville de Beijing, la Chancellerie de l’Université de Paris et la Cité International Universitaire de Paris pour la construction de la Fondation de Chine. Actuellement à Paris, nous nous occupons de ce projet. Avec nos filiales, nous travaillons auprès de nos clients publics et privés pour les conseiller sur la conception de leurs projets, mais comme vous avez pu l’entendre ce matin, des problématiques et de nouveaux enjeux urbains sont apparus : transitions numériques, démographiques, sociales, écologiques et énergétiques.Nous sommes implantés en France métropolitaine, mais aussi dans les départements et collectivités outre-mer : Mayotte, Nouvelle-Calédonie, La Réunion, Guyane, Saint-Pierre et Miquelon, Guadeloupe, Saint-Martin et Martinique. Nous travaillons dans des contextes architecturaux et climatiques différents.


En ce qui concerne notre rôle dans les projets urbains, nous animons un réseau d’environ 360 sociétés en France, au capitaux publics ou mixtes privés, auxquels nous apportons notre expertise pour monter leurs projets d’aménagement urbain. Nous travaillons auprès des mairies pour valoriser leur foncier, et capitaliser les innovations architecturales, urbaines et environnementales. Enfin, nous nous associons souvent avec les architectes et urbanistes dans la maîtrise d’œuvre urbaine, pour leur apporter notre expertise dans le montage opérationnel juridique et financier de projets sur la programmation architecturale urbaine.


Dans la continuité de la présentation ce matin de Thierry Melot, qui avait parlé du projet de Lyon Confluence, je vais continuer sur la phase de ce projet à partir de 2005, L’aménagement de ce projet a été confié à une société à capital mixte, et nous accompagnons cette société pour réaliser ce projet, en le conseillant sur l’axe de développement des métiers urbains, mais aussi sur le montage financier des projets. Il s’agit de la Confluence, mais aussi de la reconquête d’une friche industrielle très importante, dans le contexte d’une ville historique. La ville de Lyon a été également capitale, et c’est une ville classée par l’UNESCO patrimoine mondial, avec 10% de patrimoine protégé. Ce qu’il est important de dire dans ce projet, c’est que la programmation est mixte, ce qui a attiré des architectes de renommée internationale. Pour faire émerger un grand projet d’aménagement urbain, il faut aussi des projets phare, comme le Musée des Confluences, qui se situe au point même de Lyon Confluence.


Musée des Confluences


Autres projets qui se développent en ce moment à Paris, ce sont les nombreux projets de la Ville de Paris, qui invitent à explorer des nouveaux fonciers disponibles. On a entendu ce matin que la ville de Paris est une des villes les plus denses d’Europe, donc il faut chercher du foncier ailleurs, soit dans les sous-sols. Donc c’est un appel à projets que la Ville de Paris a lancé. Un appel à projet, c’est une invitation à un binôme à se présenter, binôme entre l’architecte et le promoteur ou l’aménageur. Le programme est laissé à l’innovation et la proposition des candidats.

Les endroits où les projets qui se développent en ce moment à Paris


À Paris, le nombre de sous-sols fonciers encore inexploité sont mis à proposition pour cet appel à projet. Exemple des sites à forte valeur patrimoniale, les réservoirs à Passy, où l’on est à proximité des monuments importants de Paris. La question : comment aménager ses richesses foncières ? Deuxième exemple, sous l’Arc de Triomphe, ou encore juste à côté du Louvre ou du Jardin des Tuilerie. Des tunnels sont fermés et sont mis à disposition pour ces concours et attendre d’être innovés pour leurs usages. Un autre exemple d’une ancienne station de métro, qui appartient à la RATP. Un autre appel à projet, dans une petite ville qui cependant à un très patrimoine culturel, près de Bordeaux, réhabilite une friche d’un ancien hôpital. Qu’est-ce que la ville fait, elle souhaite lier ce site avec tout le parcours touristique, mettre en réseau les potentiels d’une ville à une échelle plus importante. Les mairies font renouveler les quartiers. Près de Genève, une petite ville développe un tramway pour être reliée aux zones urbaines alentours, en profitant pour développer toute la zone urbaine qui se développe autour et le long de se tramway. C’est une opportunité foncière que la ville saisit pour créer cet éco-quartier. Il y a une programmation mixte, avec des logements et des commerces pour dynamiser le coin de la gare.


Un projet en Nouvelle-Calédonie, dans le centre-ville d’un contexte atypique, dans un patrimoine très éclectique avec les demi-lunes, l’ancien hôpital, entre la zones du grand port et la zone industrielle, et bien entre ces deux sites, nous avons réhabilité toute cette zone. L’urbanisme c’est un processus durable, long. Alors il faut des projets phares, mais il faut aussi des éléments déclencheurs du projet. Il y a une route urbaine, et un espace non utilisé, où il fallait réunir des propriétaires fonciers. Le déplacement de la route, qui fait respirer le port, et libérer le front de mer, a permis la création d’un jardin botanique, autour duquel vient se développer de nombreux projets. Bien évidemment, il faut toujours penser à une échelle plus large, donc ce projet fait partie d’un corridor écologique, et le lien est ici évident sur cette carte. Enfin, pour finir sur un dernier projet sur lequel nous travaillons, dont nous sommes actuellement en compétition avec Richard Rogers et son agence où nous l’accompagnons sous le montage opérationnel juridique du projet; cette image est dans la continuité de ce qu’on avait vu ce matin: la ville dense de Paris, avec des îlots très denses, avec des bâtiments de 5/6 étages maximum. La tour Montparnasse, qui a libéré l’espace au sol, s’avère avoir un sous-sol exploitable, et nous intervenons également dans ce nouvel réaménagement. Je vous remercie.


Des patrimoines historiques de l’île Calédonie


Marie SCHWEITZER

Bonjour, Je vais vous présenter d’abord les projets de ma société à Paris, et sur le patrimoine parisien, des projets de bois puisque je suis aussi charpentier, et pas qu’architecte, et en deuxième partie le patrimoine historique de la Chine et peut-être une réflexion sur le quartier que l’on a vu hier. Il faut savoir qu’en France, au 19e siècle, une maison sur deux était faite en bois.

Patrimoine historique de la Chine du 19e siècle


Et puis il y a eu la Première guerre mondiale, où les charpentiers fabriquaient les tranchées. Les tranchées, en bois, servait à retenir la terre. Et ils sont tous mort. Donc ils n’ont pas pu transmettre l’art de la charpente qui se transmet à l’oral par des maîtres, non seulement en France, mais dans la plupart des pays du monde. Et puis il y a eu la Deuxième guerre mondiale où les camps de concentration étaient fabriqués en bois. Alors le bois a perdu de sa noblesse, et nous sommes arrivés il y a quelques années avec la pierre comme matériau noble, le béton. Les français avaient oublié la beauté et la noblesse du bois, c‘était culturel.

Hors depuis une quinzaine d’années, par des effets de mode et puis aussi conceptuels, le bois revient, pour des raisons aussi écologiques comme matériau principal, ou matériau expérimental. Il faut savoir que le bois c’est le plus vieux matériau au monde, c’est le premier matériau des vivants, les hommes préhistoriques lorsqu’ils sont sortis ont commencé à construire en bois, dans la forêt lorsqu’ils ont appris à tuer des animaux. C’est aussi un matériau écologique puisque 1m3 de bois absorbe1 tonne de C02. Alors il y a 10 ans à Paris, une loi est passée sur le plan national qui a dit que désormais, nous avions le droit de surélever tous les bâtiments. Evidemment comme le bois est très léger, 400kg, on s’est dit que c’était la solution, de faire des surélévations en bois, et aujourd’hui, on en voit beaucoup. Cette loi a permis l’émergence du bois avec le développement durable. Alors ici on trouve une maison traditionnelle fin 19e siècle, et en-dessous mon atelier d’architecture, que j’ai construit en bois. Ça ne se voit pas là, car même si toute la structure est en bois, on a habillé avec de la brique et du verre.

Desbâtiments en bois


Le bois est une tradition ancestrale qui se transmet même quand j’ai fait l’école de charpente, comme il y a 400 ans, et c’est pareil pour la Chine. Cette dalle, c’est une dalle écologique, qui résiste au feu pendant 1h30, et qui n’a pas une goutte de colle. Elle est lamellée-clouée, et ce sont les anciens qui faisaient ça il y a des centaines d’années. Alors on peut dire que le patrimoine est respecté, il est moderne, et n’a pas trahi le savoir-faire des anciens. Cet atelier est un peu un modèle pour mes clients, qui ont peur du bois, ce qui est absolument normal. Mes références d’agence, voilà ce qu’il se passe à Paris. À Paris on a le droit de surélever les bâtiments pour densifier, puisque la question française c’est : comment accueillir 11 millions d’habitants en 2050 ? Vous voyez on a la faculté de Tolbiac qui est déjà une tour, dans une zone de tour, doncil y a un bâtiment existant et on crée plusieurs niveaux en bois. Seulement quand j’ai commencé à faire ce projet en plein Paris, le bois n’était pas encore accepté comme mode, il a fallu convaincre. Et pour ça, les politiques et le maire de l’arrondissement m’ont suivi et m’ont faitconfiance ; Et puis on avait peur qu’il ne brûle. Or le bois est un matériau qui brûle régulièrement, donc un matériau fiable pour les pompiers ; lorsqu’un pompier entre dans une maison en bois en feu, il sait précisément combien de temps il a, car le bois brule en continu, alors qu’il ne rentrera ni dans une maison en béton, ni dans une maison en métal. Alors, une fois que j’ai eu le projet, il y avait des gens qui vivaient en dessous, et qui devaient vivre pendant le chantier. Je sais que le bois se construit très vite : un étage de 400m2 se construit en 1 semaine. Sauf qu’il a fallu le penser et le dessiner, ce qui a pris du temps en atelier. Alors le maire un jour m’a appelé, et m’a demandé « Mme Schweitzer que faites-vous ? Cela fait un an que l’on attend le bâtiment c’est trop long », et je lui ai répondu qu’il allait voir qu’en une semaine, il va arriver. Il n’y croyait pas, et c’est arrivé. En 1 semaine. Les gens qui habitaient en dessous ont été relogés au-dessus, donc ils ont pu travailler en dessous pour réparer l’ancien bâtiment des années 60.


Utilisation du bois comme matériaux de construction



Tout est en bois. Encore un bâtiment, beaucoup de logements sociaux aujourd’hui sont fait en bois, ce qui n’était pas le cas à l’époque, mais le bois, et ce que l’on voit dans la problématique au quartier historique dont on parle aujourd’hui à Nanjing, on peut y mettre de l’enduit, et plein d’autres choses. Finalement le bois devient à la mode, on est en plein Paris dans la maison du 19e, et un client est entré dans mon agence : je veux la même chose ici mais pour des hommes très riches. Donc on a créé un tout bois : les jacuzzis en bois, les mobiliers en bois, les douches, les cuisines etc., tout cela est en bois, avec une cheminée dans un projet bois, donc aucun problème. Autre projet, dans un patrimoine classé bâtiment remarquable de Paris qui est un collège, le collège Sainte Clotilde, il a fallu commander un amphithéâtre. Sauf que la zone de projet concernait un parc magnifique, et donc la Ville de Paris est intervenue, et a interdit tout type de projets sur ce parc, sauf si l’amphithéâtre était en bois, car on pourra restituer un espace végétal. C’est ce que l’on a fait avec cet amphithéâtre qui est en train d’être construit. Ici, sur cette image, des villages en bois, avec une trame à la chinoise très intéressantes, où l’on va retrouver la tradition de l’ancien. Alors les traditions et techniques chinoises. Elles sont magnifiques, elles ont construit sur la même forme que cette maison noble, avec des systèmes constructifs qui permettent le mouvement des terres, très sophistiqués, mais quand je vois le village historique dont on parle, ces principes-là de descente de charge, et d’agencement sur des découpes eue bois sans contreventements, elles se retrouvent aussi ici. Ce sont les maisons traditionnelles chinoises, à Jiangxi, qui sont magnifiques, qui sont votre patrimoine et votre richesse. Sauf que, lorsque l’on aborde cette question, et la question du patrimoine tout à l’heure notre conférencier dirait « ah oui mais on a fait du faux », sauf que la question n'est pas là. La question, lorsque rénove un patrimoine est : « le charpentier qui a fait ça, l’ouvrier, le bâtisseur, qu’est-ce qu’il aurait fait aujourd’hui ? ». Il aurait utilisé les techniques les plus modernes, pour refaire aussi beau, dans une tradition orale. Voilà un exemple de ce que l’on peut retrouver, aussi en Chine. Très importante, vos toitures, qui sont, ce que l’on appelle en France « la 5e façade », splendides par leur densité. Bien sur le bois, on peut y mettre pleins de choses, jusqu’à les recouvrir, et cela il ne faut pas avoir peur de le faire parce que les anciens le faisaient. La maison chinoise, cette forme de construction très belle, est encore en pratique aujourd'hui par le charpentier. Les types d’agencements dont on doit s’inspirer pour rénover les toits chinois aujourd’hui dans une écriture contemporaine, ou dans la tradition constructive, quitte à ce qu’elle soit complètement neuve. Voilà typiquement les structures de charpente que l’on a vu hier. Alors, quoi faire pour ce quartier ? Il y a plein d’idées. J’ai bien aimé votre réflexion sur la pagode, parce que la pagode c’est un événement, elle est très haute en plus en bois. Pour voir ce quartier, c’est un schéma de principe : se mettre en hauteur pour valoriser la 5e façade de ces toits magnifiques; créer des respirations et des jardins, pour respirer et admirer le patrimoine; pourquoi pas surélever ce patrimoine; pourquoi pas créer des coulées vertes, afin que le tourisme et l’écologie reviennent, avec des promenades plantées, comme vous l’avez fait dans le site, et le tout dans le respect parfait de votre urbanisme antique; des vues par le haut, pas forcément des pagodes mais des tours revisitées; des ilots de maisons, et tout un quartier touristique de grande qualité avec un matériaux d’avenir, parce que les projets que je vous ai présentés, ce sont des tonnes de CO2 absorbés dans l’atmosphère, donc ce sont vraiment des interventions écologiques. Des schémas encore de propositions que je vous fait pour votre projet, avec des commerces, des places, amener l’économie dans la tradition. Et c’est un peu conclusion, en vous montrant que c’est possible, avec cette tour en bois que je fais au Havre, c’est là tradition dans la modernité, ou la modernité dans la tradition. 14 étages en bois, on est dans la tradition, et en même temps dans une haute technicité. Cette tour va absorber 1000 tonnes de C02 pour sa construction. Elle est inspirée du savoir-faire des charpentiers de l’époque. Je vous remercie.


Jean-Marie CHEVAL

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un métier qui est en relation avec tout ce qu’il s’est dit avant, qui est l’ingénieur structure spécialisé dans les structures du patrimoine. L’ingénieur structure dans le patrimoine doit être un architecte et un ingénieur. Ici, à Equilibre Structure, tous les employés ont la double ccompétence. Les différents domaines d’Eéquilibre Structure sont : la restructuration d’édifices, l’analyse structurelle et la conception de nouveaux ouvrages spécifiques. Les objectifs d’un ingénieur spécialisé dans le patrimoine : des analyses sur mesure au service de la conservation des structures anciennes ; comprendre les caractéristiques constructives des édifices existants et leurs évolutions dans le temps pour proposer des interventions justes et minimalistes ; réaliser une analyse précise avec beaucoup d’inconnues. Les outils sont des outils historiques (iconographie, plans, notes, chronologie désordres), des outils pour réaliser des études in-situ (analyse constructive / relevés désordres et déformations) et des outils pour réaliser des analyses en laboratoire (matériaux / pathologies). Par exemple comme rénovation en appliquant des techniques, le tombeau des rois à Jérusalem ou l’église de la Tuila après le tremblement de terre en Italie.

Restructuration des églises et l’analyse structurelle


C'est technique peuvent s’appliquer à un autre type de rénovation, cette fois en métal, comme la Gare d’Austerlitz, la Halle Tony Garnier. Des ouvrages en bois aussi, donc des charpentes anciennes de bâtiments du 17e siècle, des quartiers, la pagode de Vincennes aussi, connues par les parisiens. Mais aussi des ouvrages en béton. Ici le hangar Perret de Buisson. C’est quelque chose qui est lié avec toutes les problématiques que le premier intervenant nous a posé. Les structures en béton, bâtiments industriels, et aussi les structures en bois. Une question qui nous a été posé par le premier intervenant : Pourquoi conserver les édifices patrimoniaux ? Et bien pour de multiples raisons : la mémoire urbaine, des lieux, des modes de vie, car ils sont témoins de l’identité d’une société ; le fait qu’ils conservent des techniques de construction, qu’ils ont une valeur d’usage : s’inscrire dans une continuité historique donne du sens au projet de réutilisation de l’édifice, et qu’ils apportent une valeur économique et environnementale : pas de démolition/reconstruction, mais un réaménagement partiel.

Structures en bois


Autre question, quels sont les enjeux posés par la réutilisation des édifices ? Tout d’abord, il faut mettre l’édifice au service d’un nouvel usage : identifier des programmes compatibles avec l’édifice : implantation, taille de l’édifice, image véhiculée. Ensuite, « Function follows form » : adapter le nouveau programme à l’ADN de l’édifice (volumes, distribution, modes constructifs, décors existants, etc…). Il faut construire en contexte historique (extensions): révéler l’architecture de l’édifice existant et dialoguer avec une architecture contemporaine, lisible, complémentaire et respectueuse de l’existant. Bref, il faut décoder l’ADN de l’édifice existant à partir d’une connaissance exhaustive par le diagnostic.


Quels sont les enjeux du diagnostic ? Réaliser une analyse précise demande de faire attention à de nombreux facteurs inconnus. Il faut alors garder une vision toujours partielle de l’édifice, dans sa temporalité (un processus qui dépasse notre existence) et dans sa matérialité (l’ossature est souvent masquée par l’épiderme). Il faut par ailleurs fournir des données d’étude toujours spécifiques, se portant sur les type de matériaux (naturels ou industriels anciens, hétérogènes, dégradés), sur les chargements (valeurs forfaitaires inadaptées), et enfin se servir d’objets d’étude en évolution (mécanismes de déformations et redistributions de charges).

Idendification des modes constructifs


Pour donner une approche globale du bâti, il faut respecter des étapes précises. D’abord, analyser le contexte dans son ensemble (géotechnique, climatique, risques naturels et industriels), puis il faut procéder à une analyse constructive (modes constructifs, modifications, matériau (essai en laboratoire et in situ). Ensuite, il faut être capable d’analyser les désordres et déformations du bâtiments (Relevé des désordres, soit des fissures et éclatements, et déformations, des hypothèses de mécanismes pathologiques, une instrumentation). Par la suite, il faut vérifier numériquement ces données, en évaluant des chargements appliqués, en modélisant numériquement et en réalisant des calculs normatifs. Puis, il faut procéder à un diagnostic structurel, en identifiant les principales pathologies et leurs causes, en mettant en place des stratégies de sécurité, et en définissant des objectifs de projet. Enfin, il faut établir des principes de renforcements, en redistribuant des charges par ajout d’éléments ou d’appuis supplémentaires, en acier par exemple. Je vous remercie