Sino-French Architectural Communication Society

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TABLE RONDE D DU 6e COLLOQUE DE SFACS——AMÉNAGEMENT DU PARC D’EXPOSITION D’HORTIC

Date:2018-12-24Clics:429

TABLE RONDE D DU 6eCOLLOQUE DE SFACS——AMÉNAGEMENT DU PARC D’EXPOSITION D’HORTICULTURE À NANJING·TANGSHAN



Modérateur:

Qinghao LIU

Vice- directeur du Bureau d’Urbanisme de Nanjing

Invités

Jérôme DUMAS

Architecte, paysagiste, responsable en Asie de l’atelier de Paysage et d’Urbanisme INTERSCENE Martin DUPLANTIER

Gérant et fondateur de la société Martin Duplantier Architectes.

Karim THIBAULT

Project Manager chez Biotope, ingénieur en environnement

Thierry MELOTJulien SCHNELLGuillaume Anatole FARAUTJean-Philippe DELHOMLaure MERIAUD

Jelena STAMENKOVICMarie SCHWEITZERNicolas CHEVALJianguo WANGYi ZHOUHongyang WANG

Yuli WEI Tao YANGYi WUDegao ZHENGHaijun ZHANG


Martin DUPLANTIER

Merci à vous tous d’être là et merci encore de nous avoirinvités à réagir sur ce très beau projet du parc des expositions. J’ai une petite présentation qui va nous servir de support. Nous, nous sommes une agence à l’européenne, c‘est-à dire qu’on essaye de traiter différentes dimensions en même temps, pour enrichir les projets, pour avoir des projets qui soient les plus complets et les plus intégrés possibles. Ça veut dire qu’on regarde à la fois la dimension paysagère, la dimension architecturale, la dimension urbaine. Grâce à cela, on traite de 3 grands sujets, et je pense que l’on va pouvoir avoir des choses à dire par rapport à votre projet de Prc d’exposition horticole. Lors de projets de grande échelle qui étaient des projets de ville recyclées, mais aussi à travers mes précédentes missions et projets en Chine, j’ai bien noté ce matin que la Chine changeait de paradigme : elle passe d’un paradigme de la quantité, à un paradigme de la qualité. C’est-à dire faire mieux, et moins, en recyclant des terrains que l’on a déjà utilisés, des terrains pollués, ou autre. Evidemment cela veut dire : faire une ville durable, c’est ce qu’on appelle le Green Design. Et puis il y a ce dernier terme qui me tient très à coeur, parce que je pense qu’il a des répercussions politiques énormes pour notre monde, c’est ce qu’on appelle la Country City: c’est le lien entre le « Country Side » et la ville, entre la campagne et la ville. On sait que plus de 50% des humains vivent en ville. Or les villes représentent 1% de la surface de la terre, et donc l’autre moitié de la population vit sur 99% de la Terre. Il y a donc des liens important à cultiver, et à développer.


En plus d’être architecte et urbaniste, je suis aussi le président d’une association nationale française qui s’appelle AMO (Architecture et Maître d’Ouvrage). C’est un peu inédit dans le monde, car c’est une association qui réunit tous les architectes, et tous les maîtres d’ouvrage. Les maîtres d’ouvrage ce sont les développeurs, les promoteurs, ce sont la puissance publique, les maîtres d’ouvrages publics, les collectivités locales ou encore les aménageurs. Ce monde se rassemble pour développer un langage commun, pour développer une vision commune, une culture commune. Il faut que l’on arrête de penser qu’il y a d’un côté les architectes, et de l’autre côté les maîtres d’ouvrage. Au contraire, un bon projet, c’est un projet qui rassemble des gens qui vont dans la même direction. J’ai l’honneur de présider cette association, et l’on y fait beaucoup de choses ; on délivre t notamment un prix d’architecture, qui ne récompense pas simplement l’architecture en termes d’esthétique, mais aussi la démarche c’est à direcomment le couple maître d’ouvrage - architecte, a pu parvenir à cette qualité architecturale, urbaine et/ou paysagère. J’ai comme mission de développer des AMO à l’étranger. Peut-être que, comme on le fait en Allemagne, en Russie, on pourrait faire un AMO en Chine ?


Il y a, selon moi, trois éléments très importants dans votre projet de Parc. D’abord c’est la dimension naturelle. Deuxième point la dimension temporelle. Troisième point, c’est la conception de la mixité et comment est-ce que ce projet peut dans le temps devenir non seulement un parc, mais un vrai élément de ville, et donc vivre sa vie tout seul. J’ai quelques projets à vous montrer, car je pense qu’ils rentrent en résonance avec votre projet, ici à Nanjing.Le premier c’est celui des quais de Bordeaux.

Quais de Bordeaux


Les quais de Bordeaux, c'est un grand projet de 4 km et demi dans le centre-ville de Bordeaux, qui est une ville classée patrimoine mondial par l’UNESCO. C'est la plus grande ville UNESCO au monde, en nombre de kilomètres carrés. Le nouveau Maire, Alain Juppé, lorsqu’il venait d’être élu,a décidé de lancer un grand concours sur ces quais. Bordeaux c'est alors un petit peu comme Hong Kong au19e siècle, c'est une place forte commerciale. Le port était très important, il fait quasiment parti de l'identité de la ville. mais de même que Nanjing a une histoire extrêmement importante, et bien Bordeaux, peut-être plus récente ,mais très intense à ce moment-là, et progressivement sonport s'est industrialisé, comme beaucoup d'autres ports en Europe. Et donc la ville a perdu le contact avec son fleuve.  On voit ici des photos où le port est clôturé et, où donc on n’a plus accès du tout au fleuve. Quelques images encore, pour vous montrer qu'à l'arrière, c'est une très belle ville avec un patrimoine très riche. Ce grand projet sur 4 km et demi vient finalement reconnecter la ville avec son fleuve, selon différentes séquences avec pour atout principal de faire revenir la nature en ville, la nature au cœur de la ville. On a appelé ça "jardiner les quais", c'est-à-dire rtransformer les quais comme de grands jardins. La place principale, l'ancienne place Royale, qui est maintenant la place de la Bourse, a été le lieu d'un événement exceptionnel dans ces 4 km et demi de quai jardinés, puisque c'est là que l'on a installé ce qu'on appelle un « miroir d'eau ». Le miroir d'eau, c'est 2 cm d'eau sur une grande plaque de pierre noire parfaitement plane, quiproduit unnuage de bruine d'à peu près 2 m de haut toutes les 7 minutes.  Ce nuage retombe petit à petit et son eau, une fois immobile, devient miroir. Tout cela est réalisé grâce à une fontainerie liée, assez complexe. Sur cette photo, on voit le dispositif technique qui permet de créer ce nuage. Ce rythme, Toutes les 7 minutes, représente la marée qui monte, parceque Bordeaux n’est pas très loin de la mer,et donc la marée de l'Ouest y remonte par la Gironde Ce miroir d'eau qui monte sous la forme d'un nuage et redescend est une métaphore de ce phénomène maritime. Et ceque l'on avait pas du tout prévu, était que cela devienne le premièr espace récréatif de la ville ! c'est-à-dire une grande cour de récréation à ciel ouvert pour tous les enfants bordelais, ainsi évidemment que pour les touristes, puisque c'est devenu l'icône urbaine de cette ville. Par ailleurs un certain nombre d'équipements sportifs y sont installés, c'est aussi un lieu d'exposition d'art, un lieu de skateboard, on y fait même de la voile, donc c'est un lieu dynamique et sportif. il y a aussi un certain nombres de bâtiment complètement réhabilité, de vieux bâtiments industriels ou d’entrepôts qu'on a complètement désossé et dans lesquelles on est venu installer un certain nombre de commerces, des bureaux et même des écoles de commerce. On y a de très belles vues sur la ville, et tout cela sur une structure extrêmement flexible, donc les marques peuvent tout à fait se succéder très rapidement, cela marche très bien.


Et puis il y a évidemment le tramway. Alors là le tramway traverse complètement les 4 km et demi de quai. Au final ça a été un investissement très intéressant pour la ville, puisque çela a permis de ramener la population au centre de Bordeaux. Grâce à cela également, le tourisme a exploseé, le centre-ville a reçu le label UNESCO, et puis Bordeauxest devenue la ville la plus attractive pour les cadres supérieurs en France. Nombre de sociétés sont venues s'installer à Bordeaux parce qu'il y fait bon vivre, et que çela dégage une image positive. Cela a donc été un excellent investissement, entreprisf par le Maire. Nous avons aussi gagné un projet, juste à côté de ces quais il s'agit d'un grand centre culturel qui est sur le fleuve.


Alors, voici un autre projet qui rentre en lien avec votre parc d'exposition, dans la ville de Reims. Reims est à environ une heure de train de Paris, c'est une cité royale, là où les rois de France se faisaient sacrer. Nous avons développé une grande friche de 200 hectares, un projet urbain fondé sur des bâtiments industriels que l'on vient complètement restructurer et qui développe un cœur urbain attractif, un quartier des innovations. On a là une école de design, une école de commerce, des bureaux en coworking, des Halles de l'innovation. Et de même qu'à Bordeaux, on vient récupérer les structures primaires, et vitrer ces grands plateaux pour leur donner une grande qualité d'usage. Encore une fois, c'est un exemple de réutilisation d'un bâtiment industriel, et si l'on compare le financement et le bilan carbone d’un bâtiment neuf et d’une réhabilitation, il est certain que c'est la rénovation qui est bien plus intéressante financièrement.


 Projet à Reims


Quelques exemples de notre projet de Reims : je suis parti du principe qu'un quartier, lorsque que vous voulez le développer, ce que l'on a proposé ici, c’est d'avoir des parties temporaires qu'on pouvait très rapidement construire avec des usages temporaires, par exemple sur 2 ans ou 3 ans, temps qui va permettre des événements culturels, du coworking avec des gens qui veulent avoir une activité économique de court terme. Cela peut se coupler avec des opérations de long terme. On intéresse les promoteurs à faire à la fois du court terme et à la fois du long terme, et comme cela on active très rapidement le quartier. Onfait venir des gens, des activités, et donc le nouveau quartier prend vie très rapidement. Il peut suffire de 15 ou 20 ans seulement pour vraiment obtenir un quartier de vie, agréable. Grâce à cela, ce qu'on appelle la "pré-ville", on arrive à planter des petites graines de ville et de vie très rapidement.


Alors, un petit peu plus près d’ici, voici un concours que l'on a gagné il y a environ2 ans, en Chine. Ce n'est pas un parc des expositions, mais c'est un parc national que vous connaissez sûrement tous, et dans lequel on est venu proposer de faire des passerelles et des pavillons, dans lesquels on puisse se retrouver quasiment seul dans le parc. Et ces éléments qui sont venus se greffer sur ces pitons rocheux extrêmement baroques et fantastiques, on les a voulu les plus simple possible. Ce sont des éléments géométriques extrêmement simples, qui réfléchissent leur environnement, ce qui met à chaque fois les visiteurs dans une situation de « danger » corporel particulier. Comme si par exemple on pouvait sauter dans le trou avec un filet. Sur cette image on peut deviner l'effet ressenti. Autre projet que l'on a gagné, qui est à Moscou, à Sokolniki. Ces 500 hectares au centre de Moscou dans l'ancienne réserve de chasse du tsar. Donc on parlait de Reims, en tant que lieu impérial et royal : Sokolniki c'est la même chose mais un petit peu plus à l'est ! avec un concept de "Soko-lab," que l'on a mis en place. On a proposé à la ville un système complet, c'est-à-dire d’avoir à la fois une organisation, à la fois un business plan, et à la fois un design. C'est grâce à ces trois éléments que l'on a gagné le projet il y a 2 ans.

Modèle économique FABLAB


L’organisation donc, c'est "Soko-lab", qui met en place à la fois les forces locales et les forces de notre équipe, et qui en créant cette plate-forme là, permet de gérer le projet dans le temps, c'est-à-dire pas simplement le temps du design, mais le temps de la gestion quotidienne du projet. Le concept est simple : on commence par un diagnostic. La zone pour l'instant n'est active qu'à un seul point du périmètre. Nous passons d'un système radial à un système "réticulaire", avec une nouvelle matrice de rayon et de noeuds. Sur ces 500 ha, on vient créer des points d'attraction en s'appuyant sur 7 allées, sur ces deux ceintures, avec une connexion avec la grande forêt (vous savez qu’en Russie le mythe de la grande forêt est très important). On garde un couloir pour reconnecter la grande forêt à l'état sauvage avec le centre de la ville, on gère l'eau, et on gère les transports. On a un programme très ambitieux, qui vient activer la forêt et qui vient fertiliser le sol, qui est l'approche durable avec une ferme pour la biodiversité. On vient créer sept tours, qui sont basées sur des usages, mais aussi sur une approche éducative par rapport à la population. Aucentre des 7 allées se trouve un parc d'exposition, qui était existant, et que l'on renforce et agrandi. Nous recréons de la biodiversité avec la protection d'un certain nombre de clairière. Tout cela mis ensemble, crée un certain nombre de pluralité d'usages toutes à fait intéressantes. Les 7 tours sont des points hauts dans cette forêt plate, et correspondent au point d'orgue des 7 allées qui ont chacune un thème : l'allée pour les enfants, l'allée de l'art, l'allée de la Culture, l'allée de l'eau, l'allée de la végétation, l'allée du sport et l'allée de la musique. Ils interagissent évidemment les uns avec les autres. Ils vont donner comme ceci sept expériences très différentes dans ce grand parc de 500 ha, à savoir des endroits de jeu, des endroits de rêve, des endroits de partage, des endroits de sensations fortes, des endroits d’exploration, des endroits de pratiques sportives, et puis des endroits de relaxation, de contemplation. Voici des exemples de design pour les tours de l’eau, de l’art (qui pourra changer chaque année, pour diversifier les espaces artistiques du lieu), la tour culturelle, la tour musicale, la tour sportive, la place des innovations etc. C’est un projet très riche, appuyé sur cette partie économique, soutenue par des secteurs loués au privé pour pouvoir générer des finances pour l’ensemble du parc. La mobilité et les evènements sont des facteurs essentiels à développer tout au long de l’année pour que ce parc vive, et pour que les flux métropolitains puissent être constants. Des activités d’été et d’hiver avec une stabilité économique très importante.

Des perspectives des bâtiments FABLAB

Projet Université de Bordeaux : On parlait de revisiter les bâtiments, on parlait de réutiliser des structures. Ici, nous avons appliqué une nappe de verre sur l’ensemble des bâtiments, les mettant en cloche de verre, ce qui non seulement les rend très attractifs, du fait de leur design, mais aussi répond à des questions économiques, écologiques, et participe à de nombreux autres facteurs tels que le chauffage interne en hiver et de rafraîchissement l’été. Cela a demandé énormément d’études pour mettre ce système au point, avec des éléments qui s’ouvrent et se referment, en nous adaptant au Nord et au Sud, pour tout réchauffer ou tout rafraichir. Nous avons la maintenance sur 30 ans de ces bâtiments. Lorsque vous avez une maintenance comme celle-là, vous êtes obligé de réussir.


D’autres projets : vous pouvez voir que des bâtiments quasiment cachés peuvent être le support d’une agriculture biologique. Le Palais-bulle, à côté de Cannes, appartenant à Pierre Cardin, construit en 1970, qui est un lieu de mode et de défilé, et bien juste à côté on construit un bâtiment que l’on ne verra pas. On vient reconstruire la colline d’avant, avec une villa en dessous, qui ne se voit pas, mais qui offre des perspectives et une grande élipse d’eau. J’ai l’honneur d’avoir Jean Nouvel comme architecte d’intérieur, et qui participe aussi à ce projet. Merci beaucoup !

Défilé de mode de Pierre Cardin


Jérome DUMAS

Bonjour à tous, je vais essayer d’être bref pour vous parler d’un sujet qui a presque 2000 ans d’histoire, en 15 minutes : parler du jardin.

J’aurai un sujet particulier, ilconcerne un projetqui pourrait beaucoup vous intéresser pour 2020. Je représente la société de Thierry Huau, la société Interscène, spécialisée en paysage, masterplan et urbanisme. Nous sommesbasés à Paris. J’ai développé la filiale marocaine pendant 7 ans ; en ce moment je suis au Vietnam depuis 2 ans, et je suis amené de plus en plus à voyager en Chine grâce à notre partenaire IFADUR, et notamment aussi grâce au groupe Pierre & Vacances, qui développe ses projets de parcs en Chine.


Ce qui nous caractérise c’est avant tout une grande sensibilité environnementale. Nous nous penchons sur la topographie, l’hydrographie, en développant une bonne connaissance locale scientifique. Nous sommes intervenus sur de grands chantiers detourisme, de patrimoine également, à travers le monde. Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un projet ouvert en 2010, à Angers en France.


Lesujet était « comment créer un parc d’attraction, un parc à thème sur le thème du végétal ? ». Le programme s’orientait à l’origine vers un parc d’attraction avec des loisirs. En prenant en charge la direction artistique, la direction de la scénographie et la direction des programmes scientifiques, nous avons orienté ce parc à thème vers le Naturel. Le parc est né d’une volonté politique, qui était de développer un pôle de compétitivité fort, afin de mettre en valeur le terroir et le patrimoine d’Angers. Qu’est-ce que le patrimoine d’Angers ? C’est tout d’abord les avantages nés de son climat. Il offre un environnement riche en végétal qui peut se rapprocher de celui de Nanjing. On a développé le projet dans la partie Nord de la ville, sur le site d’un ancien aérodrome, avec un programme de 25 ha, dont la première phase de 12ha a été construite et ouverte en 2010. Cet outil pédagogique, c’est une première européenne : c’est le premier parc européen créé sur le thème du végétal. Le contenu programmatique s’organise autour du jardin et du végétal. L’intégration dans le tissu urbain est assurée par la nouvelle ligne du tramway. Ce parc, inscrit dans cette périphérie urbaine, est accessible par une autoroute également.


Parc à thème sur le thème du végétal


En quelques chiffres, il s’étend sur une surface totale de 25 ha. Deux parcs, dont l’un de 12 ha, un coût d’investissement de 500 millions de Rmb, apporte une fréquentation aujourd’hui de 400 000 visiteurs par an. Cette commande est publique, le commanditaire a permis de porter ce projet novateur, car il se démarque des autres parcs d’attraction comme Disneyland ou Futuroscope sur des thèmes beaucoup plus ludiques et avant-gardiste. Comment faire en sorte d’intéresser et le rendre attractif, en plus de devenir un espace éducatif et pédagogique (avec la possibilité de faire participer 4 classes vertes dans ce parc), et également d’avoir un réel contenu scientifique et technique. Le but est de valoriser la filière horticole à l’échelle internationale. Ce qui est intéressant dans l’exposition de ce projet, qui le relie à Nanjing, c’est qu’il offre le moyen de pérenniser toutes les actions éphémères organisées lors de cette biennale horticole et de faire en sorte de se doter d’un outil qui insite les visiteurs à revenir, à chaque saison. La saisonnalité invite le public à revenir dans un tel parc, puisque les paysages changent, et que les couleurs changent au fil des saisons. On peut également imaginer des animations et de les renouveler, cequi peut-être un concept assez fort et très attractif. La phrase que l’on a souventcitée en concevant ce masterplan et ce concept de parc était : « Comment dépoussiérer et réinventer les jardins botaniques du 19e siècle ? ». On a une tradition européenne dans ces grandes villes, du fait des explorateurs qui sont revenus des quatre coins du monde avec de nouvelles espèces végétales, et ont ouvert des lieux pour les acclimater et les exposer : les jardins botaniques. Le parc a aussi des qualités économiques, non seulement parcequ’ilil embauche un certain nombre de personnes, maisaussi parcequ’ il s’agit d’un parc payant, pour une journée, ou pour des abonnements scolaires. Il est aussi doté d’un amphithéâtre, d’un espace 4D et d’un espace de TD pour école.


Le design général s’inspire des jardins français, que l’on peut tout à fait transposer en Chine. Grâce à la diversité des plantes asiatiques, on a pu composer plus de 50% de nos plus belles collections. On a cherché dans toute l’Europe des sujets exceptionnels, dans des pépinières comme on en voit aussi en Chine et commej’ai eu l’occasion d’en visiter demagnifiques pas très loin d’ici avecdes bonsaï. Cela a fait l’objet de contrats de culture, de réserver les plantes pendant la période de conception afin qu’elles soient prêtes le jour de l’ouverture du parc.

Jardins des plantes


On commence la visite du parc par l’espace central, composé d’une entrée classique, billetterie à l’entrée et boutique à la sortie, avec le thème du bord de Loire, fait de bassins aux berges naturelles. On a également mis dans ce cœur la géologie, en mettant en avant les minéraux locaux. On travaille l’espace de manière à ce que les gens puissent s’orienter, également en travaillant les niveaux. Et depuis ce cœur, on a la liberté de déambuler où l’on veut. On commence t par les grandes explorations, sous la forme d’un grand jardin sous serre, qui raconte l’histoire des grands explorateurs, revenus avec des échantillons de plantes pour les acclimater. Des activités secondaires sont mises en place, comme une chasse au trésor et d’autres espaces scénographiques au contenu géographique. Ensuite on arrive sur les « escapades » de l’Anjou, donc de la région locale. Cela pourrait très bien porter sur les « escapades » de Nanjing, et de ses trésors naturels. Ici, en Anjou, existent en abondance vignes, potagers, forêts de bouleaux ;tout ceci est mis en scène, avec une attraction phare sur chacun des thème; dans celui-ci par exemple, il s’agit d’une promenade en barque, calme et contemplative, qui permet de faire le tour de ces îles et de parler des différents secteurs. Tout cela est cartelisé avec beaucoup d’informations scientifiques sur les plantes et toutes les espèces présentes.


Autre partie : les origines du parc, où l’on met en scène des plantes pré-historiques, avec un espace très scénographié. Des architectures un peu insolites également, qui permettent à la végétation de grimper, et qui servent d’espaces de repos. D’autres mises en scène, enfin, où l’on retrouve des plantes magiques, moins scientifiques, mais plus spectaculaires.


Evidemment, le parc est ponctué d’ateliers, destinés surtout aux enfants, et d’une série d’activités qui viennent le dynamiser. Je ne me suis pas étendusur nos autres projets, car je pense que ce genre de travail, qui offre aux familles un endroit attractif, fait du jardin comme un « éditeur » entre la ville et la nature. La tendance actuelle que l’on a vu lors de ce colloque, c’ est le besoin de verdure, de « green ». Les gens ont besoin de cela, de se rapprocher et de seressourcer. Ce parc peut devenir une vitrine économiqueattractive, ainsi qu’une source d’inspiration pour les familles qui peuventexpérimenter des idées d’aménagement dans leurs potagers et jardins. Je pense qu’aujourd’hui ce sont ces préoccupations autour du jardin que les gens manifestent le plus.

 Merci de votre attention.


Karim THIBAULT

Je voulais remercier la ville de Nanjing et notre partenaire IFADUR pour avoir organisé cette rencontre, et pour avoir donné la parole à Biotope. Biotope est un leader français de la bio-diversité. Je vais essayer de vous montrer le point de vue de lingénieur agronomes et du scientifique sur les projets de parcs d’horticulture.


Biotope exerce différentes activités liées à la biodiversité, la communication, les études et diagnostics, la Recherche & Développement, et également les plans d’actions destinés à remédier aux problèmes qui empêchent le développement d’une écologie saine. Nous sommes de véritables spécialistes de la biodiversité.


Je vais vous parler en tant qu’agronome de cette exposition florale et horticole, mais tout d’abord, d’un sujet qui me tient à coeur : la conception d’un projet exemplaire de réhabilitation de carrière.


Nous traitons aussi la préservation des espaces pour l’expression de la biodiversité florale, typiquement les fonds de carrière qui peuvent être restaurés, puisque ces fonds de carrière stockent l’eau, et peuvent être restaurés par une végétation saine. Je pense également que la communication environnementale est nécessaire pour éveiller le public aux enjeux écologiques, et que c’est fondamental.


Enfin, nous souhaitons développer l’information sur les enjeux de la bio-diversité en Chine. Par exemple, Biotope a réalisé une étude sur les orchidées du Sud de la Chine. Je pense qu’il faut essayer d’intégrer ces enjeux de biodiversité, en montrant comment un parc horticole peut aussi protéger la biodiversité.


La civilisation écologique est un paradigme qui a été développé par le gouvernement chinois, qui a développé ce concept. Ce que j’aime dans ce concept de civilisation écologique c’est qu’il va au delà du concept du Développement Durable, dans le sens où il rapproche l’écologie et la culture, et l’on s’aperçoit que l’identité d’un territoire est bio-culturelle. A partir de là, on peut se rapprocher du problème à travers une approche qui met l’écologie au centre. Ce dialogue et ce rapprochement sémantique entre l’homme est la nature revient au coeur du sujet.


La carrière aussi est un symbole du rapprochement entre l’homme et la nature puisque la carrière est une culture, une culture industrielle, qui représente quelque chose de notre histoire, et a une certaine beauté esthétique, et qu’une carrière, c’est aussi un éco-système. Un éco-système certes artificiel, mais qui présente des avantages qu’un éco-système agricole n’offrira pas. Par exemple, ce paysage de carrière est souvent lié aux paysages forestiers, qui regorgent de bio-diversité. Ici à Nanjing on voit bien ces espaces forestiers sur les flancs de montagnes, et je pense que c’est très intéressant de préserver cette biodiversité sur la montagne qui est souvent luxuriante, et très paisible, et qui sera d’autant plus attractive dans un parc d’horticulture.

Carrière mixte en fosse et à flanc de coteau


Concernant les enjeux de la restauration de carrière : on voit là une carrière mixte, creusée d’abord en fosse pour remonter peu à peu et extraire les minéraux, notamment le calcaire, qui est un composant essentiel, qui agît à la racine même de la floraison d’un territoire. Elle peut avoir un impact paysager assez important. D’où l’intérêt de partager les techniques de restauration, pour remettre en place une dynamique naturelle.


Il y a aussi la restauration pour les fonds de carrières.

Coupe de remise en état du siteNau-Bouques


J’ai ainsi brièvement rappelé des principes fondamentaux de restauration de carrière, ceux que l’on met en place chez Biotope. Je pense que ça peut être très intéressant pour le parc d’horticulture de mettre en place des diagnostics de biodiversité et de paysage, car ils ciblent précisément les enjeux et les solutions pour le territoire. Il y a même des sites de carrières qui sont utilisés en compensation d’impact de biodiversité, dans d’autres endroits. Encore une fois, un site de carrière est une vraie aubaine pour aménager de la biodiversité sur un site comme celui-là, et ce sera ma conclusion. Je vous remercie.